Visite du Président Giscard d’Estaing à Thessalonique, 19 septembre 1975

Cette semaine, nous rendons hommage au président Valéry Giscard d’Estaing, décédé il y a une semaine, en revenant sur la visite qu’il a effectuée à Thessalonique le 19 septembre 1975.

Ce déplacement en Grèce eut lieu un an après son élection à la présidence de la République et le retour au pays de son ami Konstantinos Karamanlis, Premier ministre grec (après un long exil à Paris).

Lors de l’allocution qu’il prononce au palais du gouvernement, le Président français consacre son introduction à la ville de Thessalonique et à la Grèce du nord : « Monsieur le Premier ministre, voici Salonique […], la Grèce des frontières. Celle d’où ont jailli la pensée d’Aristote et le rêve d’Alexandre. Cette terre charnière fut le théâtre, au cours des siècles, je dirai au cours des millénaires, de maints affrontements, et c’est ici que fut scellée la fraternité d’armes de nos deux peuples et que se sont mêlés les sangs de nos soldats. »
Les deux hommes se rendent d’ailleurs à Zeitenlick, à la périphérie nord de la ville, pour honorer la mémoire des quelque 22000 soldats du Front d’Orient inhumés dans la nécropole interalliée : 8310 hommes du corps français (métropolitains, Sénégalais, Malgaches, Indochinois et Nord-Africains), aux côtés de leurs compagnons d’armes britanniques, italiens, serbes, et russes.

L’histoire de cette Armée d’Orient, qui investit la ville multi-culturelle et multi-religieuse de Salonique de 1915 à 1918, allant jusqu’à atteindre 400000 hommes, sous commandement français, est tout aussi fascinante que méconnue. Son action a permis d’accélérer la signature de l’armistice du 11 novembre 1918 et sa présence a eu un impact très fort sur la ville, toujours largement perceptible. Nous y reviendrons dans de prochaines chroniques.

Un petit musée français lui est consacré au cimetière de Zeitenlick, ouvert au public, et de nombreuses informations peuvent être consultées sur le site du Consulat général de France à Thessalonique.