Joyeux Noël !

Pour cette chronique du jeudi 24 décembre, nous vous envoyons les vœux de toute l’équipe de Thessalonique (voir encadré et lien à cliquer).
Nous avons pensé, en cette année si particulière où nous ne pouvons célébrer les fêtes comme nous le souhaiterions, qu’il serait intéressant de rappeler les coutumes spécifiques de nos deux pays, pour encore mieux les apprécier lorsque nous pourrons les vivre pleinement, une fois la « vie normale » revenue …
Nous commençons donc aujourd’hui une nouvelle trilogie, avec les fêtes des 24-25 décembre ce jeudi, celles du 31 décembre-1er janvier la semaine prochaine, et celles de l’Epiphanie le 1er jeudi de janvier.
Comme chacun sait, Noël est la fête chrétienne célébrant la Nativité du Christ. C’est au IVe siècle, sous le règne de l’empereur Constantin, qu’a lieu à Rome la toute première célébration de la naissance de Jésus, le 25 décembre 336, sur le fondement des fêtes païennes du solstice d’hiver ayant précédé le christianisme.
Si le sapin ou l’épicéa, arbre symbole de vie dans la tradition païenne, est au cœur des décorations de Noël dans nos deux pays, en Grèce, terre de marins, ce sont les bateaux qui ornent traditionnellement les maisons. On constate d’ailleurs un renouveau de cette coutume depuis quelques années, et nombreuses sont aujourd’hui les municipalités à en parer leurs places, comme l’a fait pendant longtemps Thessalonique.
Dans la tradition, c’est justement équipés d’une maquette de bateau ou d’église, confectionnée spécialement à cette occasion, que les enfants grecs vont de porte en porte, les veilles de Noël, du Nouvel An et de l’Epiphanie, pour chanter les kalandes*, ces airs populaires répandant un message de joie et de paix, le trigono (instrument triangulaire en métal) à la main, en échange de quelques pièces ou de confiseries.
Le soir du 24 décembre, qui correspond à la fin du jeûne de la Nativité, on sort entre amis ou on se rassemble en famille, autour du christopsomo (littéralement “le pain du Christ”), sans oublier les nombreuses pâtisseries accompagnant la période des fêtes, kourabiés (petits sablés à la fleur d’oranger et aux amandes) et autres mélomakarona (à base de miel et de noix), en particulier à Thessalonique où l’influence de l’Orient et de ses épices est toujours présente.
Il faudra toutefois attendre le 31 décembre et la Saint-Basile pour le grand rassemblement familial, alors qu’en France, c’est autour de Noël que se concentrent les fêtes de famille. Le repas du réveillon le soir du 24 décembre, précédé de la messe de minuit pour les croyants, peut varier d’une famille ou d’une région à l’autre, mais il est la plupart du temps composé de mets délicats tels que les huîtres, le foie gras, les escargots ou le saumon fumé, la dinde aux marrons (un animal dégusté pour sa rareté après sa découverte par Christophe Colomb en Amérique) et la bûche à la ganache (qui rappelle l’écorce de l’arbre). Les traditions peuvent varier selon les régions. En Provence, le réveillon est accompagné des 13 desserts traditionnels, une accumulation de douceurs que l’on retrouve dans de nombreuses sociétés méditerranéennes, et un accent particulier est mis sur la crèche et les santons**. Au retour de la messe de minuit, on dépose le « petit Jésus », fraîchement né, dans la crèche.
C’est pendant la nuit du 24 au 25 décembre que le Père Noël, qui tire son origine de Saint-Nicolas – l’un des personnages les plus populaires de l’hagiographie chrétienne, originaire d’Asie mineure – vient distribuer les cadeaux, alors qu’en Grèce, il faut pour cela attendre le 31 décembre à minuit. Un véritable dilemme pour les familles franco-grecques …
Nous vous donnons donc rendez-vous la semaine prochaine autour de la tradition du Nouvel An dans nos deux pays.
* En grec kάλαντα (kálanda), du latin calendae, qui signifie début du mois (et que l’on retrouve dans l’expression « reporter aux calendes grecques »).
** Petites figurines d’argile colorées, typiques de Provence, représentant la nativité ainsi que les habitants d’un village provençal et leurs métiers traditionnels.